1°) Retour sur le "Chemin de la Montagne aux Plages"

Une proposition faite à Olivier pour terminer une série de randos en début de saison 2016 et nous voilà partis à re-découvrir (pour moi, c'était une première pour Olivier !) la rive droite du Finicione le 29 avril dernier sur le "Chemin de la Montagne aux Plages" ou le "Chemin du Castedducciu" comme il est appelé souvent localement. Comme son nom l'indique sur le Cadastre Napoléon, ce chemin est un ancien chemin de transhumance reliant le littoral de Pinareddu aux plateaux, crêtes et sommets autour de Zonza. Abandonné depuis très longtemps, il avait été repris par le maquis, démaquisé une dernière fois il y a une trentaine d'années, retrouvé par moi-même en 2012 et objet d'un nouveau démaquisage personnel en octobre 2012 qui a permis de le rendre praticable jusqu'aux environs de sa rencontre avec le ruisseau de Quarciteddu (fin du pointillé qui le marque sur la carte IGN) qui conflue avec le Finicione à l'altitude de 700m. Cela me paraissait intéressant d'y refaire un tour plus de 3 ans plus tard pour voir ce qu'il était devenu alors que sa fréquentation est restée quasi nulle depuis l'époque sauf par quelques chasseurs sur sa première partie !
Voir l'article Chemins oubliés du Haut-Cavu pour avoir plus de détails sur ce chemin.

Etat du "Chemin du Casteducciu" vers le Valdu Grande en octobre 2012
Etat du "Chemin du Casteducciu" vers le Valdu Grande en octobre 2012

Nous avions prévu de monter en voiture par la piste de Luviu au-dessus de la RD du Cavu et de la Sainte-Lucie jusqu'au virage à gauche dans lequel une piste secondaire démarre vers le pont de Figa à l'arrivée du Finicione et de partir à pied de cet endroit comme je l'avais fait de nombreuses fois en 2012 et deux fois en 2013. Raté ! L'état des pistes cette année s'est largement dégradé par rapport à cette époque et nous avons préféré arrêter ma Corolla tout-terrain un peu après l'embranchement de la piste de descente à la Sainte-Lucie, 700m environ avant d'arriver au virage prévu. Rajouter 2 x 15mn à l'horaire prévu..., cela fait partie des joies des parcours de pistes en Corse, aussi imprévisibles que la végétation sur les sentiers !

Panoramique du Haut-Cavu depuis la piste en RD de la Sainte-Lucie (Photo Olivier Hespel)

Chemin de la Montagne aux Plages : départ de la sente (flèche verte) Nous démarrons à 09h10 sur la piste du pont de Figa, non carrossable. Nous la parcourons sur sa plus grande partie via les deux grandes boucles qui traversent les deux ruisseaux de Cervu puis de Strascinedda, puis un troisième ruisseau agrémenté d'une ancienne prise d'eau bétonnée (?). Un peu plus loin, vers 09h35, nous trouvons à gauche l'entrée de la sente de chasse (flèche verte) qui constitue le départ du raccordement à l'ancien chemin 40m plus haut. Jusque-là, aucun souci de végétation car cette ancienne piste reste actuellement bien tracée puisque relativement empruntée par les chasseurs. A noter que ce n'est plus le cas si on essaie de la continuer jusqu'au pont de Figa sur un tronçon beaucoup moins fréquenté et où la piste a été démolie par un éboulement sur une partie.

Au départ de la piste vers le pont de Figa et de la sente de chasse vers la Sainte-Lucie (Photo Olivier Hespel)
Le 3ème ruisseau et son bétonnement

Ruines de la bergerie de Strascinedda Nous arrivons rapidement à la jonction avec l'ancien chemin, bien visible encore sous les branches d'arbousiers qui l'ont recouvert et c'est lui que nous suivons à partir de maintenant. Surprise, il commence à être bien repris par la végétation basse sur cette partie, alors que je l'avais trouvé démaquisé en 2012. L'explication tient sans doute au fait qu'à l'époque il avait subi un démaquisage récent pour la chasse. En tout cas, nous voilà en train de sortir les "pinati" et de nous attaquer à un nettoyage succinct à même de faciliter la progression. Après les ruines de la bergerie de Strascinedda rencontrées non loin, toute la montée dans la zone appelée Livisani sur la carte IGN se fait accompagnée de ces travaux de démaquisage grossier et nous n'arrivons au replat de Livisani, marqué par une rangée de pins, qu'à 10h50.

Au col après la montée de Livisani : vue vers le Castedducciu et la vallée du Finicione (Photo Olivier Hespel)

C'est à partir de ce col qu'on a vraiment l'impression de rentrer dans la vallée du Finicione... Le paysage devient grandiose, même obscurci par les nuages qui sont arrivés peu à peu depuis notre départ par ciel bleu. Le chemin part en ligne de niveau vers un autre col rocheux 300m plus loin, puis continue en montagnes russes dans la pente très raide de cette rive droite du Finicione qui explique les soutènements monumentaux qui ont parfois été construits pour pérenniser ce sentier. Etonnament, la végétation cesse d'être un problème sur cette partie où elle a moins repoussé que sur le secteur précédent. Et, pourtant, depuis le replat précédent, nous sommes sur une zone jamais fréquentée par les chasseurs qui utilisent plutôt la sente qui en part vers le haut et rejoint, m'a-t'on-dit, les bergeries de Luviu. Jusqu'au col bien marqué qui domine la pointe rocheuse 571m, le chemin est magnifiquement bien marqué, avec des murets en bon état, une vue spectaculaire sur le ravin : seules les traversées de ruisseaux ont perdu leurs aménagements.

Magnifiques soutènements du chemin du Castedducciu (Photo Olivier Hespel)
Les montagnes russes du Chemin du Castedducciu (Photo Olivier Hespel)
Sur le chemin du Castedducciu (ou de la Montagne aux Plages) : arrivée au col au-dessus de la pointe 571m (Photo Olivier Hespel)

Le col au-dessus de la pointe 571 vu depuis le bas de la descente (Photo Olivier Hespel) La descente du col est particulièrement marquante, avec une série de soutènements importants soulignant les lacets du chemin et la vue surplombante sur le ruisseau juste en dessous. C'est à partir d'ici que j'ai procédé au démaquisage en 2012, les chasseurs ne venant jamais dans cette zone. Comme je m'y attendais, le chemin n'a absolument pas été touché par une reprise du maquis : ici, la végétation consistait en d'énormes arbousiers en travers du parcours et aucune végétation basse à repousse rapide ne s'y trouvait. Nous avançons donc rapidement jusqu'au Valdu Grande sans avoir à sortir les outils et en notant au passage des vestiges de carbonara au-dessus du chemin.

Vertige au-dessus du Finicione en bas de la descente du col (Photo Olivier Hespel)
Passage de traversée d'éboulis (Photo Olivier Hespel)
Après la traversée du ruisseau précédant le Valdu Grande (Photo Olivier Hespel)
Une carbonara le long du chemin (Photo Olivier Hespel)

En vue de l''aiguille 852 après le Valdu Grande Même chose après la traversée de ce ruisseau, rien de nouveau n'a obstrué le sentier à l'exception des troncs que j'avais laissés les années précédentes car trop gros pour ma tronçonneuse. Nous arrivons vite à la première crête de la double crête avant le ruisseau de Quarciteddu et, derrière, en vue de la remarquable aiguille 852m marquée sur IGN. Une nouvelle traversée de ruisseau bien ravinée et nous atteignons la crête suivante à l'extrémité de laquelle se trouve une sorte de plate-forme rocheuse accolée au chemin.
Arrivée à cette plate-forme promontoire à 12h25 et fin du parcours aller. Un peu en contrebas, au-delà et en dessous de notre promontoire, l'extrémité de la crête de Quarciteddu se profile sous forme de gros rochers déchiquetés surplombant le Finicione. Je sais qu'une sente de chasse arrive ici par la crête en provenance des alentours de Luviu et je me demande quel est le poste de chasse entre les deux promontoires ? Vers l'Ouest, on distingue la silhouette du Castedducciu émergeant des nuages...

Le chemin après la traversée du Valdu Grande : des troncs en travers (Photo Olivier Hespel)
En face de l'aiguille 852 après le Valdu Grande
Le Finicione vers l'aval depuis le 1er promontoire rocheux de Quarciteddu (Photo Olivier Hespel)
L'extrémité rocheuse de la crête de Quarciteddu (poste de chasse ?)
Le Castedducciu depuis le 1er promontoire rocheux de Quarciteddu

Après le déjeuner et les photos, nous allons tout de même jeter un coup d'oeil au promontoire inférieur, sans rien voir de notable excepté une vue plus précise sur le ravin du Finicione et son versant en rive gauche couronné d'une kyrielle de fines aiguilles rocheuses entourant le ravin qui descend de Punta di Quercitedda. Par contre, aucune trace de vestiges de caseddi que l'on m'avait dit pouvoir trouver dans le coin (?).

Le Castedducciu depuis le 1er promontoire rocheux de Quarciteddu
Descente à la plate-forme et la pointe rocheuse de Quarciteddu (poste de chasse ?) (Photo Olivier Hespel)
Les aiguilles rocheuses sous Punta di Quercitedda
Panoramique depuis le chemin de retour de Quarciteddu (Photo Olivier Hespel)

Au début du retour depuis la plate-forme de Quarciteddu Pas trop le temps d'aller voir la suite du chemin pour visiter les 250m qui restent démaquisés avant le ruisseau et pas question pour mon genou de retourner par le ravin lui-même comme nous l'avions envisagé un moment ! Départ à 13h avec un retour ultra-rapide qui nous ramène à la voiture en 2h malgré la douleur qui commence à tenailler mon genou gauche depuis la descente de Casteddu Muratu la veille. Nous y sommes à 15h alors que les nuages qui nous ont embêtés presque toute la course se volatilisent quelque peu...

Traversée du Valdu Grande au retour (Photo Olivier Hespel)
Au retour, sous la montée au col au-dessus de la pointe 571 (Photo Olivier Hespel)
Au retour dans la montée au col au-dessus de la pointe 571 (Photo Olivier Hespel)
Punta Buvona et Bunifazinca (Photo Olivier Hespel)
Depuis le lieu de parking sur la piste de Luviu : la Sainte-Lucie et la Punta Bunifazinca (Photo Olivier Hespel)

Même s'il est préférable de la faire par très beau temps pour profiter au mieux des paysages du Finicione, cette course reste une très belle randonnée, facilement réalisable pour le moment tant qu'elle reste aussi propre ! Même si c'est un chemin, ne comptez pas que ce soit une balade : l'aller-retour prend au moins 5 heures sur ces montagnes russes malgré un dénivelé assez faible et la fatigue s'y fait vite sentir (surtout en début de saison !).
Carte du ruisseau du Finicione dans le Haut-Cavu avec le tracé de la partie démaquisée du Chemin de la Montagne aux Plages ou du Castedducciu N'oubliez pas de jeter un coup d'oeil sur la carte du Finicione à gauche avec le tracé du parcours avant d'aller y faire un tour et renseignez vous avant sur la fermeture des barrières et l'état de la piste et du chemin.

Voir les photos de la randonnée dans le diaporama ci-dessous
(cliquer sur la photo) :

Voir les photos prises lors de la découverte du chemin en 2012
(cliquer sur la photo) :

2°) Explorations et découvertes en Aragali

Confluence Carciara/Velacu : les caseddi d'Aragali (débarrassés de leur maquis) L'année 2016 aura été l'occasion de retourner dans les ravins d'Aragali (Aracale) avec d'autres objectifs que la simple randonnée. Nous savions déjà que le ruisseau du Carciara avait abrité une exploitation de bois et charbon de bois dont de nombreux vestiges pouvaient être aperçus lors de la remontée du ravin, en particulier ceux d'un improbable téléphérique mais nous n'avions pas vu d'habitations autres que des abris sous roches.
Aussi, lorsqu'un des adhérents (un pêcheur !) de l'association "A Punta Bunifazinca" nous dit qu'il avait trouvé des caseddi lors d'un de ses parcours aux alentours de la confluence Velacu/Carciara, l'association en profita pour organiser en juin 2016 une reconnaissance en groupe vers ce coin avec le double objectif de faire découvrir les merveilles de ces ravins et de retrouver les caseddi en question...
Cette première exploration ayant permis effectivement de retrouver ces anciennes habitations ruinées mais trop tardivement pour que tous puissent les voir, une deuxième visite a eu lieu deux semaines plus tard qui permit même un premier démaquisage des caseddi. Autant dire que tous ont été aussi sidérés que moi-même de trouver des "habitations" dans ce "bout du monde" ! On est tout de même à près de quatre heures de marche de la civilisation en aval et, en amont, sous les ressauts des crêtes vertigineuses de Bavedda entre Punta Aracale (Aragali) et Calanca Murata...

Les caseddi d'Aragali

RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants avant démaquisage
RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants avant démaquisage
RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants avant démaquisage
RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants après démaquisage
RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants après démaquisage
RD du Carciara (branche Paliri) : vestiges de deux caseddi imposants après démaquisage

Mais ce ne fut pas la seule trouvaille faite au cours de ces deux expéditions !
L'arrivée dans le Velacu du haut ravin provenant du Tafonu di u Cumpuleddu (ex-Trou de la Bombe) : belle cascade de 30m Pour moi qui étais passé une demi-douzaine de fois en aller-retour dans ces ravins et quatre fois à la confluence Velacu/Carciara, la surprise fut que j'avais manqué une quantité incroyable de vestiges de l'exploitation sur les rives des ruisseaux. Il est certain que quand vous remontez les ravins avec un objectif d'atteindre leurs sommets, vous ne perdez pas de temps à explorer les rives sauf dans les contournements obligatoires d'obstacles sur le torrent. Et bien dans ce cas, j'avais raté beaucoup de choses intéressantes et ce jusque dans les plus improbables recoins du Velacu pourtant si inaccessible :

  • De nombreux vestiges de carbonare :
    Il y en a partout et sur les deux rives du Carciara et même du Velacu jusqu'à la hauteur de l'arrivée du canyon qui descend du "Tafonu di u Cumpuleddu" dans ce ruisseau
    En amont de la brèche : carbonara au-dessus de l'ancien chemin d'exploitation en RD
    Une carbonara en RD du Carciara
    Une carbonara en RG du Carciara
    Redescente du Velacu : encore une carbonara !
  • Des vestiges multiples d'anciens chemins :
    Outre le "Chemin d'exploitation du Carciara" dont j'avais déjà trouvé de nombreux vestiges autour de la brèche et que je me proposais de démaquiser en aval, nous avons découvert de nombreux restes de murets de soutènements en amont de la confluence Frassiccia/Carciara constituant le marquage de chemins d'au moins 2m de large. Au vu de leurs tracés, ces chemins servaient sans doute à relier les carbonare entre elles et à débarder bois et charbon
    L'ancien chemin en RD en amont de la brèche du Carciara : les soutènements vus de la vasque
    L'ancien chemin d'exploitation en RG en fin de la traversée de la brèche
    Confluence Carciara/Frassiccia : encore des vestiges de chemin avec soutènements
    Remontée du Velacu après la confluence Velacu/Carciara : les vestiges de chemins de carbonare
    Remontée du Velacu après la confluence Velacu/Carciara : les vestiges de chemins de carbonare
    Redescente du Velacu : une autoroute que ce vieux chemin de carbonare !
  • Des ruines de culées de ponts (?) :
    Confluence Carciara/Velacu : vestiges de pont (?) en RD du Velacu Des contreforts composés de blocs de pierre de part et d'autre du Velacu juste en amont de sa confluence avec le Carciara laissent à penser qu'un pont ou des soutiens pour une passerelle en bois ont été construits pour faciliter le passage d'une rive à l'autre. C'est d'ailleurs ce passage que nous avons utilisé pour nous rendre aux caseddi...
  • D'autres vestiges de l'ancien téléphérique :
    • RG du Carciara (branche Paliri) : vestiges du système de téléphérique le long du ruisseau (?) Une vaste plate-forme horizontale trouvée en rive gauche du Carciara en amont de sa confluence avec le Velacu et juste en face des caseddi fait penser qu'elle servait sans doute à l'usage du téléphérique (pylônes, station de chargement,... ?)
    • Poulie de téléphérique trouvée dans le ruisseau de Peralzone Une poulie du téléphérique retrouvée dans le ruisseau du Peralzone et rapportée par l'association
    • Encore d'autres restes de câbles métalliques autour et en amont de la brèche du Carciara
      Vestiges de câbles du téléphérique d'Aragali en amont de la brèche
      Vestiges de câbles du téléphérique d'Aragali vers la confluence Velacu/Carciara
      Vestiges de câbles du téléphérique d'Aragali vers la confluence Velacu/Carciara
  • D'autres abris sous roches dont certains ont pu être utilisés à l'époque de l'exploitation
    Brèche du Carciara d'Aragali : un abri (?) sous les soutènements de l'ancien chemin
    Sapara en RD entre les confluences Carciara/Frassiccia et Carciara/Velacu

Carte de l'exploration Carciara - Velacu du 14-06-2016 Carte de l'exploration Carciara - Velacu du 28-06-2016 De part et d'autre, vous trouverez deux cartes avec les parcours de ces deux expéditions à 2 semaines d'intervalle. Il n'est pas nécessaire de donner des précisions sur l'itinéraire : la majeure partie a déjà été décrite plusieurs fois sur le Blog lors des remontées des ravins du Carciara, de Frassiccia et de Velacu. Les autres détails, avec les horaires (compter au moins 7h aller-retour pour aller à la confluence Carciara/Velacu depuis la fin de la piste en RG de la Figa Bona - Mela) et la carte pourront être découverts par la lecture des deux articles du site Internet de l'association aux adresses suivantes :

Voici les diaporamas des deux parcours de juin 2016 :

1ère visite le 14/06/2016

Caseddi et patrimoine d'Aragali : 1ère visite
Cliquer sur la photo ci-dessus pour visualiser le diaporama

2ème visite le 28/06/2016

Caseddi et patrimoine d'Aragali : 2ème visite
Cliquer sur la photo ci-dessus pour visualiser le diaporama

3°) L'usine à bois de la Purcaraccia

Le ravin en V de la Purcaraccia et la Punta 1441 au bout Cette fois-ci, une autre occasion d'aller revoir un coin que je commençais à bien connaître : l'ancienne usine à bois dont on trouve les vestiges dans le ravin de la (du ?) Purcaraccia, à la confluence de ce ruisseau avec celui de Nura au point IGN marqué à 989m d'altitude. Par quelle occasion y sommes nous allés ? Je dois avouer que je ne m'en souviens plus bien, mais je crois que c'était Jean-Jo qui avait envie de voir ce site, peut-être pour le comparer à celui du (de la ?) Carciara pour les similitudes d'exploitation du bois. Du coup, nous sommes partis à cinq (re-)découvrir ce canyon jusqu'à ce point.

Pour moi, cela faisait finalement peu de temps que j'y étais allé puisque mon dernier passage datait de septembre 2014 lors de la réalisation du "Girudi Vangoni". De la même manière, Michel, Claude et Patrice l'avait fait encore plus récemment, en septembre 2015, pour reconnaître les extrémités de ce même Giru qu'ils s'apprêtaient à tenter. Il n'y avait donc que Jean-Jo, notre leader associatif, qui ne connaissait pas... Il était bien entouré et ne risquait pas de se perdre !

Depuis le col des pins : il est 09h45 et il y a déjà du monde dans l'aqualand ! Pour résumer notre journée du 26 juillet 2016, je ne donnerai que les grandes lignes de notre parcours.
Partis à Bocca di Larone à 09h par grand beau temps, nous sommes à 10h au départ du canyoning (pause de 15mn) et arrivons au "ravin en V" vers 11h sans aucun problème. Ensuite, escalade de la rive gauche pour retrouver les vestiges de l'ancien chemin de débardage 20m plus haut et franchir ce versant vertigineux en zigzaguant entre dalles lisses et blocs verticaux. Nous retrouvons le chemin à sa confluence avec le lit du ruisseau (un pas d'escalade) et rejoignons l'usine en suivant le ruisseau avec pas mal de difficultés liées à un débit assez aquatique qui empêche de remonter facilement la petite cascade habituelle. Arrivée au point IGN 989 à 11h45.

Au col des pins : Punta Malanda contournée par le Nord
Sur le "chemin" de l'usine à bois 989m : les tiges métalliques servant de soutènement dans la RG du ravin en V
Sur le "chemin" de l'usine à bois 989m : les soutènements du chemin rejoignant dans le ruisseau
Arrivée sous le point IGN 989 : Punta 1441 et bas du ravin de Nura

Visite du secteur avec les vestiges métalliques de l'ancienne exploitation (gros tuyau d'amenée d'eau à une sorte de moteur hydraulique, manette crantée, tiges et barres métalliques, ...), visite du bivouac des grimpeurs un peu au-dessus et pause-déjeuner jusqu'à 13h10.

A l'usine à bois 989m : vestiges des tuyaux de captage
A l'usine à bois 989m : vestiges métalliques d'un moteur hydraulique (?)
A l'usine à bois 989m : vestiges métalliques d'un moteur hydraulique (?)

Le retour dans le ravin en V s'est effectué par une variante à très haute altitude dans le versant rive gauche : nous avons démarré en suivant le pied des parois rocheuses depuis l'usine, puis en rejoignant le chemin et la variante inférieure bien plus loin après le passage au-dessus des tiges métalliques. Un passage scabreux dans la descente, peut-être contournable, rend cette variante à déconseiller aux randonneurs peu alpinistes ! Ensuite, la descente s'est effectuée comme pour l'aller en passant par le col accompagné de quelques pins au-dessus de la 2ème cascade de 40m ("col des pins"). Retour au parking de Bocca di Larone à 16h20 après une pause-baignade de 45mn au niveau du départ du canyoning.

Retour en RG du ravin en V : progression en hauteur dans les ressauts de la RG
Retour en RG du ravin en V : la Purcaraccia en dessous de nous (c'est raide !)
Retour en RG du ravin en V : progression dans les ressauts de la RG
Retour en RG du ravin en V : la Pointe 1441 au bout du ravin en V
Passage typique dans cette RG du ravin en V
Retour sur l'ancien chemin et ses soutènements

Quelques enseignements nouveaux (?) à tirer de ce nouveau passage dans ce ravin "mythique" :

  • Curieusement, beaucoup moins de monde que d'habitude dans les "piscines naturelles", comme ils disent dans les guides touristiques. Le patauging ne serait-il plus autant à la mode ?
  • Pour un parcours fait fin juillet, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'eau sous la confluence Nura/Purcaraccia. La cascade sous laquelle on traverse d'habitude (pour mon compte) et qui permet d'accéder à un bloc grimpable était arrosée à tel point que le bloc l'était aussi et plus très grimpable...
  • Confirmation que toute cette eau (quasiment) vient de la branche Nura alors que la branche Purcaraccia est presque sèche
  • Dans ce sens de parcours, le "ravin en V" n'est vraiment pas une sinécure. Il nécessite de passer par les dalles et blocs de la rive gauche car un bloc coincé après un bief bien aquatique empêche le passage par le lit du ruisseau. Aucun des deux itinéraires de ce versant n'est aisé et les deux promettent des difficultés d'orientation et de recherche d'itinéraire avec des pas d'escalade...
  • Inversement, il est sans doute plus facile dans le sens de la descente, sens normal pour le Giru di Vangoni ou les canyoneurs du ravin de Nura : à mon avis, les canyoneurs sautent le bloc coincé ou le rappellent et beaucoup d'aventuriers du Giru doivent faire de même. Je n'ai personnellement jamais rien lu ou vu sur ce chemin en rive gauche dans aucun guide papier ou Internet (sauf "Corse sauvage" évidemment...), en particulier dans les descriptions très succinctes du Giru di Vangoni

Carte de la région de Bavedda autour du ruisseau de Purcaraccia avec le tracé approché de la montée/descente à l'usine à bois 989m de la Purcaraccia du 26/07/2016 Carte du parcours supérieur avec la trace GPS (aberrante) en vert prise à la descente De part et d'autre, vous trouverez deux cartes avec le parcours global de cette expédition et le tracé GPS aberrant de la partie de la descente dans le ravin en V. Les autres détails, avec les horaires (compter 6/7h aller-retour pour aller à la confluence Nura/Purcaraccia IGN 989 depuis Bocca di Larone si vous êtes suffisamment expérimenté pour ne pas traîner sur cet itinéraire) pourront être découverts par la lecture de l'article du site Internet de l'association : L'association en visite à l'usine à bois de la Purcaraccia.

Voici le diaporama du parcours de juillet 2016 :

L'usine à bois de la Purcaraccia
Le 26 juillet 2016

Visite de l'usine à bois de la Purcaraccia
Cliquer sur la photo ci-dessus pour visualiser le diaporama

4°) Retour sur le "Chemin de Paliri"

Remontée du chemin de Paliri : la paroi de la face W de Punta Rossa Un autre chemin important et intéressant dans le Haut-Cavu est le sentier de montée indiqué sur la carte IGN qui rejoint le GR20 à Bocca di Monte Bracciutu non loin du refuge de Paliri. Cet ancien chemin de transhumance a lui aussi été abandonné et a été largement repris par le maquis : néanmoins, quelques fréquentations annuelles (dont les miennes) font qu'il y a toujours une trace de bout en bout jusqu'au GR20, même si elle n'est pas évidente à suivre. Devenu l'un des objectifs de restauration de l'association "A Punta Bunifazinca", il nous avait semblé nécessaire d'y faire une reconnaissance en cette année 2016 afin d'imaginer les moyens à mettre en œuvre et le temps nécessaire.

Pour mon compte, je n'y étais pas retourné depuis 2013 alors que jusque là depuis 2009 je faisais chaque début de saison une montée au refuge au moment de son ouverture avec un démaquisage grossier au passage pour faciliter les passages les plus délicats et trouver plus facilement la trace.
Nous sommes partis à six adhérents de l'association le lundi 5 septembre dernier pour réaliser cette reconnaissance en ayant dans l'idée d'au moins rejoindre le GR20 et, si possible, d'aller jusqu'au refuge.

Voici ci-après une petite synthèse de cette "randonnée".
Sur le sentier de la Figa Bona avant le Peralzone : la brèche du Carciara d'Aragali Partis vers 09h10 depuis l'extrémité de la piste de la Figa Bona, récemment restaurée par nos amis chasseurs avec un gain de près d'une heure pour la marche d'approche, nous remontons jusqu'au ruisseau de Peralzone par la sente le long de Figa Bona (Mela pour l'IGN) - Carciara. Là, au lieu d'aller jusqu'à la cascade en amont sur ce ruisseau, nous retrouvons la trace de l'ancien chemin par une variante plus directe mais peu recommandable. A partir de là, nous sommes obligés de sortir les "pinati" pour aider à la progression, la végétation étant largement revenue dans la trace sur toute la montée de l'arête Sud de Punta Rossa. Après le plateau intermédiaire, sur la trace qui contourne la Punta Rossa (aiguille IGN 761), la végétation de plus en plus envahissante exige encore plus d'efforts et nous n'atteignons le col Nord au-dessus de la pointe qu'un peu après midi !

La cascade du ruisseau de Peralzone
Montée vers le plateau de Punta Rossa : brèche du Carciara d'Aragali
Arrivée sur le plateau au début de la crête de Punta Rossa : Punta di Monte Sordu
Arrivée sur le plateau au début de la crête de Punta Rossa : Punta Rossa surplombant les ruisseaux de Cervi et Peralzone
Sous la face W de Punta Rossa
Col Nord de Punta Rossa : Tafonu di u Cumpuleddu sous un angle inhabituel

Nous parcourons ensuite une bonne partie de la crête Nord jusqu'à presque atteindre les pentes terminales sous le col de Monte Bracciutu, mais la fatigue de plusieurs d'entre nous et la chaleur nous font arrêter là, puis redescendre sous le col Nord afin de déjeuner aux alentours de 13h20.

Col Nord de Punta Rossa : la crête à parcourir au nord de Punta Rossa vers Bocca di Monte Bracciutu au fond
Sur la crête après le col Nord de Punta Rossa : la "trace" et le col au bout sur le GR20
A la fin de la crête N de Punta Rossa: la pente menant à Bocca di Monte Bracciutu et au GR20

Après le repas, deux heures de descente plus facile après le démaquisage de la montée nous ramènent à 16h20 aux voitures sur la piste de la Figa Bona après avoir découvert de nouveaux abris sous roches (sapara) en bordure du "vrai" chemin (le tracé historique) à l'arrivée au Peralzone : la trace de l'ancien chemin a été déviée sans doute pour arriver plus court au ruisseau.

Retour au Peralzone au-dessus de la vallée du Carciara
1ère sapara sur l'ancien chemin à droite de la trace à l'arrivée vers le Peralzone

Les informations de mise à jour sur cet ancien chemin :

  • La surprise de constater une plus forte reprise que prévu du maquisage de la partie supérieure du chemin après la traversée du Peralzone : la végétation reste en général assez basse et nécessitera des débroussailleuses, mais elle repousse vite et l'entretien devra être effectué tous les ans !
  • Ce parcours reste toujours très physique malgré l'existence d'une trace de bout en bout, encore plus dans les conditions de maquis où nous l'avons réalisé... Pentes raides et exposition forte à la chaleur en font un itinéraire demandant condition et entraînement
  • Compter au moins 3h de montée jusqu'au GR20 depuis la piste en RG de la Figa Bona (Mela) en supposant que vous ne perdiez pas la trace (les sorties de piste peuvent être nombreuses si on n'est pas attentif), 20/30mn de plus pour aller au refuge et 3h pour la descente depuis le refuge
  • Son intérêt reste majeur car il conjugue le caractère historique d'un ancien chemin de transhumance, des paysages spectaculaires avec la brèche du Carciara, les aiguilles de Punta Rossa et Monte Sordu, la cascade et les sapare du Peralzone, les crêtes Nord et Sud de Punta Rossa, la vue sur les crêtes de Bavedda et un tracé très varié. Beaucoup plus intéressant, plus sauvage et plus beau que le parcours équivalent de Conca au refuge de Paliri par le GR20 dont la monotonie est le critère principal

Carte de la région de Bavedda autour du ruisseau de Purcaraccia avec le tracé approché de la montée/descente à l'usine à bois 989m de la Purcaraccia du 26/07/2016 A gauche, vous trouverez la carte de ce parcours du 05/09/2016. Les autres détails vous seront connus par la lecture de l'article du site Internet de l'association : Reconnaissance du chemin de Paliri le 05/09/2016.

Voici le diaporama du parcours de septembre 2016 :

Reconnaissance du chemin de Paliri
Le 05 septembre 2016

Reconnaissance du chemin de Paliri le 05/09/2016
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