- La Crête des Terrasses (Lundi 07/07/08)

L'attraction de la Crête des Terrasses : le tunnel spéléoCe premier rendez-vous avait été pris entre nous la veille par téléphone, en vérifiant d'abord que tout le monde était bien arrivé (petite frayeur parce que l'on avait perdu François sur la route vers Corte) puis en prenant 10 h comme heure de départ au col de Bavella pour cette première course sur un des itinéraires les plus amusants du secteur.
Déjà, le départ peut laisser quelques doutes sur l'intérêt de cette course, puisque l'on commence par parcourir la quasi-intégralité de l'une des balades-lieux-communs les plus célèbres en Corse : le "Trou de la Bombe" (ne pas chercher ce nom sur les panneaux indicatifs du col comme Victor !) ou plutôt sa version corse "U Tafonu di u Cumpuleddu" ou "U Cumpuleddu". Soit une bonne centaine de randonneurs par jour sur ce sentier en pleine saison... Comme nous prenons la variante par la piste partant du col (et qu'on est en début de saison), nous n'avons pas trop de monde avec nous. Nous quittons le sentier vers la droite, peu avant d'arriver au trou (pardon, Tafonu), pour prendre le couloir de montée à la brèche à gauche de Punta Velacu. J'ai dû remonter ce couloir une dizaine de fois (sans cairns), mais, malgré tout, je me laisse embarquer sur une ligne de cairns partant trop à gauche, franchissant une crête et nous ramenant dans un 2ème couloir : celui-ci emmène effectivement à une brèche où je ne reconnais en rien celle de Punta Velacu. Une reconnaissance sur la droite confirme qu'il s'agit d'un mauvais couloir (sans doute celui de la voie d'accès au Promontoire) et nous devons redescendre une partie de ce que nous avons monté, reprendre le 1er couloir en restant sur sa droite pour trouver enfin la bonne brèche. La suite est plus simple avec la sente horizontale sur la droite permettant d'accéder à la crête E par une petite escalade rocheuse et un court cheminement vertigineux menant au sommet et sa croix. Arrivée vers 12 h 20, soit 1 h 50 après le départ malgré la variante, avec toujours une vue panoramique superbe sur le coin.

Remontée du couloir de Punta Velacu A la mauvaise brèche du Promontoire : Punta di Ferru et Bocca di Fumicosa

Sommet de Punta Velacu

Ensuite, comme d'habitude, je ne retrouve pas le couloir débonnaire que j'avais emprunté avec mes gamins tout petits il y a 20 ans et, en descendant le couloir le plus à gauche au départ en allant vers le Sud, on se retrouve avec deux options offrant toutes les deux une petite désescalade délicate avant d'arriver au plateau herbeux précédant la crête proprement dite. La suite est impossible à décrire, ni à tracer sur une carte : c'est une succession de couloirs cheminées en montées/descentes au départ, puis des contournements de crêtes rocheuses en montagnes russes, avec la perspective de figures rocheuses rappelant les statues de l'Ile de Pâques !
C'est lors de l'un de ces contournements que nous nous arrêtons pour déjeuner vers 13 h 10, avant de repartir 40 minutes plus tard...

Dans les couloirs de la Crête des Terrasses Dans les couloirs et les sentes de la Crête des Terrasses

Les statues de l'Ile de Pâques ?

Pour digérer notre repas, une petite descente dans un couloir étroit nous amène au clou de l'itinéraire : un ressaut de 5 m barre la suite du passage, mais une vire rocheuse horizontale en RD amène à un frêne (?) miraculeux marquant le départ d'un non moins miraculeux "tunnel spéléo" d'une vingtaine de mètres, perçant la crête de part en part et permettant d'échapper au rappel dans le ressaut !! Une reptation dans l'obscurité aboutit en effet sur l'autre versant et, par une courte descente suivie d'une remontée, à Bocca Manzaghja atteinte à 14 h 15.

Entrée du tunnel spéléo Bocca Manzaghja : le campanile Sainte-Lucie

Bocca di Fumicosa, terme du parcours aller, n'est pas loin, mais, pour changer un peu, nous décidons de prendre le tracé courant entre les parois depuis Bocca Manzaghja et visitant les contreforts W de cette partie S de la Crête des Terrasses. Petit détour permettant de varier le parcours aller. Nous sommes au col des Fumées à 14 h 40, et, grâce au temps magnifique, avec une très belle vue sur Punta di Ferru, le ravin de Frassicia et l'arête de Punta Velacu agrémentée de son spectaculaire campanile Sainte-Lucie. Longue pause pour photos et repos jusqu'à 15 h 30 avant d'entamer le chemin du retour...

Après Bocca Manzaghja dans la variante entre les parois Bocca di Fumicosa : Punta di Ferru

Bocca di Fumicosa : campanile Sainte-Lucie

Bocca di Fumicosa : le raide ravin de FrassiciaPour le retour, nous reprenons le chemin traditionnel contournant la crête par l'E avant de retrouver Bocca Manzaghja et, de là, plutôt que de refaire la crête en sens inverse, nous cherchons et trouvons une voie de descente directe à l'W de Bocca Manzaghja (dans la trouée verte bien indiquée sur la carte IGN) permettant de retrouver le torrent et la forêt de Velacu en contrebas, sous peine d'une courte traversée de maquis.
La remontée du torrent est aisée et permet de retrouver Bocca di Velacu peu après 17 h.

Après Bocca Manzaghja : recherche d'une voie de descente vers la forêt de Velacu Remontée du ruisseau de Velacu dans la forêt de Velacu

Punta Velacu

Carte de l'itinéraire de la Crête des Terrasses à BavellaEn synthèse, une carte, ci-contre, pour préciser le parcours avec les différentes options aller et retour (d'autres sont possibles d'ailleurs) : en bleu la partie sur sentier avec les trois variantes au départ de Bavella, en rouge la partie hors sentier. Ce parcours est un condensé simple et court de tout ce que l'on peut trouver en randonnée hors sentier : montées/descentes de petits couloirs, hors piste complet, végétations diverses, rocs de toutes formes sur la crête (les statues de l'île de Pâques), orientation, éboulis, barres à descendre ou contourner.Tout cela sur un parcours relativement court et avec peu de dénivellation, des vues remarquables (Campanile de Santa Lucia, Punta di Ferru, ravin grandiose de Frassiccia, ...). Excellente initiation en vue de parcours plus ambitieux : le tunnel est une curiosité originale de ce parcours.

- Punta Malanda (Mardi 08/07/08)

Punta Malanda depuis les environs de Bocca MalandataCette fois-ci, Nicole nous abandonne pour la course de ce jour, malgré la toujours excellente météo de cette semaine : la journée d'hier était un peu rude pour elle et même la perspective des vasques du Purcaraccia n'a pu la tirer de son lit ce matin-là. Notre cible est quand même au-delà des vasques, puisque nous visons Punta Malanda, ce sommet connu du versant Sulinzara de Bavedda, mais finalement assez peu parcouru... Je suis presque en avance à 9 h 45 à Bocca di Larone où nous laissons nos véhicules pour éviter les parkings plus proches du départ, mais déjà bondés et dangereux à cette heure-ci !
Départ avant 10 h donc, et déjà notre groupe de quatre (Caro, Victor, François et moi) est pris dans la meute des touristes montant aux vasques et au canyon : c'est un mixte de "pataugeurs" et de "canyoneurs" qui se succèdent dans cette marche d'approche d'environ une heure afin d'aller profiter de deux manières différentes de l'aqualand naturel que constitue la partie du Purcaraccia comprise entre les deux cascades de 40 m auxquelles le sentier permet d'accéder. Malgré nos efforts, pas facile de dépasser sur ce sentier étroit et défoncé par les multiples passages estivaux. Punta Lunarda depuis le sentier du PurcaracciaC'est donc seulement vers 11 h que nous atteignons le sommet de la 1ère (en montant !) cascade de 40 m, sous la surveillance permanente inquiétante du "pénitent" de la Punta Lunarda qui nous domine... Nous poursuivons par le sentier le long des vasques pour monter jusqu'à la 2ème cascade de 40 m que nous gravissons en RD pour rejoindre le niveau supérieur du canyon, abrité des pataugeurs et réservé aux canyoneurs. Le canyon est déjà bien fréquenté à cette heure pourtant peu avancée de la journée !

Sur le sentier du Purcaraccia : Victor et François passent la surmultipliée Sur le sentier du Purcaraccia : devant la 1ère cascade de 40 m, Caro, Victor et François

La 2ème cascade de 40 m

Le parcours de la partie supérieure du canyon est facile, même dans le cours du ruisseau, et nous parvenons vite d'abord au virage à gauche à 90° qui marque le début du parcours du canyon, puis au ravin de Bocca Malandata à 12 h 05, après un petit passage sous un couvert forestier en RD, facilité par les restes bien tracés du sentier de débardage de l'ancienne usine à bois située au point IGN 989 m. Nous verrons d'ailleurs, à la descente, que nous avons raté une partie de ce sentier située en RG et démarrant au coude du Purcaraccia !

Le ravin du Purcaraccia depuis l'intersection avec le ravin de Malandata Le ravin de Malandata

Et c'est la remontée de ce petit ravin de Bocca Malandata, moitié sous couvert végétal, moitié dans un lit rocheux de torrent à découvert, qui mène droit vers une brèche aux alentours de Punta Lunarda : Bocca Malandata s'atteint, elle, en obliquant à gauche largement avant cette brèche et en remontant un petit couloir maquisé. Des rafales de vent cinglantes nous accueillent au col à 12 h 45 et nous assaillent pendant tout le temps du déjeuner que nous nous y accordons, nous obligeant même à nous vêtir un peu plus chaudement par moment.

Déjeuner à Bocca Malandata avec des rafales de vent : le col et la vue vers l'E Punta Malanda depuis les environs de Bocca Malandata

Après ce déjeuner, il nous faut bien escalader la pointe et nous nous mettons tranquillement en route vers 13 h 30.
Le sommet par grand vent : prudemment assis, les vainqueurs pavoisent Le début est aisé et seule une raide longueur légèrement de G à D peut poser un problème aux gens peu habitués à l'escalade en III sans assurance : la corde est donc sortie pour faciliter la montée de François et Caroline, alors que Victor préfère nous attendre en bas de cet obstacle. Nous arrivons alors sur la raide portion finale, complètement offerte aux rafales de vent qui redoublent... C'est un festival de coups de vent qui nous freinent et nous obligent même parfois à nous arrêter complètement, tant l'équilibre déjà précaire sur ces dalles inclinées à 45° devient aléatoire alors que nous longeons les abîmes de la face N en certains endroits. L'arrivée au sommet se fait peu avant 14 h, dans cette ambiance marine, et la photo ci-contre y montre François et Caroline préférant y poser assis !
C'est pourtant le sommet le plus panoramique de cette partie du massif et le point de vue sur les ravins vers l'Ouest y est saisissant : un peu de temps est donc consacré à faire un tour photographique complet...

Punta Pinzuta et Punta d'A Petra en-dessous Punta Lunarda et Punta di l'Arca

Les ravins de Purcaraccia et Nura, les pointes Calanca Vecchja et Muvrareccia

Du sommet de Punta Malanda : le canyon du Purcaraccia Punta di l'Arca et les tours d'Asinao au loin

La descente nous oblige à ressortir la corde en deux endroits : une fois sur les dalles du haut dans la partie la plus ventée avec les risques de déséquilibre à affronter et ensuite à la désescalade de la petite longueur de III... Et c'est vers 14 h 30 que nous rejoignons Bocca Malandata, après avoir récupéré Victor au passage. La suite de la descente s'effectue par la variante évitant le canyon par le sentier de débardage en RG, via un col avec des laricii au-dessus de la 2ème cascade de 40 m. Bien entendu, nous sacrifions ensuite aux rites du "patauging", après avoir trouvé tant bien que mal une vasque libre au-dessus du toboggan double-détente : j'ai d'ailleurs failli réussir une variante imprévue de ce toboggan en me faisant surprendre par une glissade pieds mouillés qui faillit m'envoyer à l'eau. Ce fut réussi pour une de mes chaussures de rando en train de sécher sur le rocher ! Chaussure récupérée par un gamin pieds nus (secs !) qui nous fit une démonstration de son style d'adhérence sur la dalle à 50° de ce toboggan... On se serait cru à l'Aquaboulevard, Porte de Sèvres à Paris, un Samedi au mois de juin !!
Et pour la partie finale du retour, avec le parcours du sentier horizontal, pris dans un groupe d'une vingtaine d'équipiers, nous renonçons à les doubler avec obligation de les accompagner jusqu'à Bocca di Larone. Qu'est-ce que cela va être début août ?

Les vasques supérieures du Purcaraccia depuis le col aux laricii Les vasques du Purcaraccia depuis le col aux laricii

Punta Malanda depuis le col aux laricii

Carte du canyon de Purcaraccia et de Punta MalandaEn synthèse, avec une carte, ci-contre, pour préciser le parcours avec les différentes couleurs (bleu pour le sentier d'accès, jaune pour la partie canyon avec les vasques entre les deux cascades, rouge pour le ravin au-dessus de la 2ème cascade jusqu'au sommet de Punta Malanda et la variante allant à l'ex-usine à bois IGN 989) : magnifique et courte randonnée vertigineuse à ce sommet belvédère de Bavedda. Elle combine visite des vasques du "canyon" du Purcaraccia et panorama sur les aiguilles alpines du coin (Punta di u Corbu, Punta Lunarda, Punta d'Arca, ...) et le haut Purcaraccia : il faut être un peu alpiniste pour aller au sommet (longueur AD - avec du III) et emporter la corde pour plus de sécurité, surtout à la descente. Attention, Malanda signifie mauvais sort en Corse !

- Balade aquatique intégrale du Fiumicelli (Jeudi 10/07/08)

Remontée du Fiumicelli supérieur : la cascade de "Rivetu"Une petite journée de repos ne fut pas de trop pour moi le Mercredi 9 juillet pour essayer de reposer mon genou gauche et ma cheville droite, tous les deux gonflés et douloureux ! Le lendemain, pour varier les aventures, nous décidons de parcourir la balade aquatique du Fiumicelli mais en la faisant intégralement depuis la grande cascade de "Rivetu" en amont de la balade habituellement pratiquée par la foule des nouveaux amateurs de vasques corses...
Ce matin-là, c'est sûr, Nicole nous accompagne en décidant de faire la partie basse de la balade après nous avoir attendus à l'intersection du torrent et du sentier de Rocchiu Pinzutu ! Nous sommes au parking de Rocchiu Pinzutu vers 10 h (pour profiter des heures chaudes de la journée) où nous attendent déjà Caroline, Victor et François. Les préparatifs sont plus compliqués que les autres jours avec la distribution des combinaisons et des sacs étanches, ainsi que la répartition des affaires et nourriture entre nous. C'est donc peu après 10 h 30 que nous entamons le parcours du sentier menant au Fiumicelli : nous y abandonnons Nicole vers 11 h en commençant à remonter le cours amont du ruisseau "en évitant l'eau" dans ce sens. Simple remontée de blocs, cette promenade nous amène vers midi à la grande et belle vasque qui précède l'accès à la grande cascade. Le parcours aller-retour pour visiter la cascade de Rivetu nous prend presqu'une heure, bien plus long que dans mes souvenirs, pour cause de traversée de ronces imprévues et plus fournies en ce début de saison.

Remontée du Fiumicelli supérieur Vasque finale avant la grande cascade de "Rivetu"

Remontée du Fiumicelli supérieur : la cascade de "Rivetu"

Descente du Fiumicelli supérieurEt c'est parti pour la descente en démarrant depuis la grande vasque, où nous revêtissons les combinaisons, avant de commencer un parcours "en cherchant l'eau" au plus près de la ligne de pente du torrent. Les contraintes de la balade aquatique : marche de descente en blocs, risques de chute pour cause de dérapages sur blocs glissants, nombreuses entrées/sorties dans l'eau avec fortes amplitudes thermiques, menaces d'hypothermie, ... Il nous faut une heure pour rejoindre le point de départ où nous attend Nicole et où nous déjeunons de 14 h 20 à 15 h 10 avant de repartir pour la deuxième partie de la descente, celle du Fiumicelli inférieur.

Les sauts : une découverte pour Caro qui aura fait deux fois le parcours par ses nombreuses répétitions Vasque du Fiumicelli supérieur

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : le saut obligatoire pour FrançoisVictor préfère nous laisser à ce stade et remonter à Rocchiu Pinzutu, handicapé qu'il est par le fait qu'il ne sait pas nager. Pour les autres, la descente de cette partie s'avère vite plus intéressante que celle de la partie supérieure, puisque rapidement on aborde de magnifiques enchaînements de biefs et beaux trous d'eau avant de plonger dans une grande vasque circulaire par le seul saut obligatoire (en cherchant bien, on doit pouvoir l'éviter !) du parcours.

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : le saut obligatoire pour Caro

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la vasque du saut obligatoire

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la marche en blocs ne semble pas si fastidieuse que celaLa suite du parcours se transforme pendant un long moment en marche de blocs un peu fastidieuse, avant de nous faire aboutir à une vasque monstrueuse obligeant à un long parcours de natation pour la franchir. Cette vasque est en fait répétée plusieurs fois lorsque l'on se rend compte qu'elle est bordée en RG d'un magnifique bloc rocheux permettant de réaliser des sauts de 4 à 12 m de hauteur. Les filles s'en donnent à cœur joie et seule la fatigue les contraint à abandonner ces jeux aquatiques !

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : encore de belles vasques Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la vasque du grand saut avec un saut intermédiaire

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : début de la partie finaleEt c'est bientôt le début de la section finale, avec le démarrage d'un fabuleux enchaînement d'obstacles d'intérêt croissant et de paysages sublimes et spectaculaires :


  • Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : début de la partie finale dans la grotteLa vasque sous grotte et sa cascade

  • Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : partie finale dans une étroitureDescente d'un toboggan dans une étroiture

  • Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la vasque circulaireLa vasque circulaire et son eau de la plus belle couleur verte


Et le long et magnifique bief final, surplombé de sculptures rocheuses du plus bel effet :

Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la vasque bief Balade aquatique du Fiumicelli inférieur : la vasque bief

Nous arrivons au terme de cette descente, au pont du Fiumicelli, vers 17 h 30, après environ 2 h 20 de descente pour la partie inférieure, et, donc, près de 3 h 20 pour la descente intégrale en ajoutant la partie supérieure réalisée le matin. Avec marche sur le sentier de 30 mn, montée à la vasque avant la cascade en 1 h plus l'aller-retour à la cascade en près d'1 h aussi, c'est un peu moins de 6 h de randonnée au total !

Carte du canyon du Fiumiceddi (Fiumicelli) à BavellaEn synthèse, avec une carte, ci-contre, pour préciser le parcours (avec les différentes couleurs : bleu pour le sentier d'accès au Fiumicelli, puis la remontée du cours supérieur, jaune pour les deux parties canyon/balade aquatique, rouge pour le ravin au-dessus de la cascade de Revitu réservé aux ravinistes aguerris) : globalement, une magnifique randonnée aquatique, époustouflante par la beauté de ses paysages et la variété de ses obstacles ! Malgré tout accessible à tous, y compris aux enfants (si l'on prend soin de leur mettre une combinaison et de les surveiller de près), avec un seul saut difficilement évitable dans la partie inférieure, de loin la plus intéressante. La partie inférieure est TRES fréquentée, mais curieusement nous n'avons pas rencontré de groupes qui la descendaient : la nouveauté, c'est la naissance de sentes d'accès aux premières vasques en haut du parcours, permettant à des "pataugeurs" d'aller bronzer et faire trempette à moindre frais...

- Le Giru di Ferriate (Vendredi 11/07/08)

Les aiguilles des Ferriate du côté du grand couloir NWDernière course sur Bavella en ce qui me concerne, car mon genou et ma cheville sont à bout de course : pour Caro, Victor et François, il y aura encore la balade du Monte Calva le lendemain Samedi.
Pour terminer en beauté, j'avais proposé de réaliser le Giru di Ferriate qui, dans mes souvenirs, était une belle petite course très variée et comportant une épreuve finale de maquis juste à point en fin de séjour pour initier de nouveaux "Bavellistes" à ce que la région sait réserver dans ce domaine !! Je n'imaginais pas alors que ce niveau avait encore "légèrement" augmenté depuis mon dernier passage en 1996...
Rendez-vous au pont de Renaju à 10 h où Nicole me dépose et nous laisse pour cette course qu'elle n'envisage pas un instant de faire avec nous. Dommage, car la météo est toujours aussi clémente avec nous et c'est par une bonne canicule que nous démarrons vers 10 h 30 par la piste DFCI partant vers le NE juste après le pont du Renaju : cette piste traverse le San Petru plus loin par un radier et nous emmène après deux virages en épingles à cheveux au départ du sentier du Giru. Il est démaquisé ! Ce n'était pas sûr pour moi, et une randonnée de rechange avait été prévue (ravin N des Ferriate et Vacca) si nécessaire. C'est une simple trace à la Quilici, reprenant des restes de sentes datant de l'époque où le charbon de bois était exploité dans le massif des Ferriate. Il se dirige vers le NE sous la crête des Ferriate et amène à un premier ravin profondément érodé descendant de la crête : malheureusement, le sentier est très mal démaquisé et entravé de nombreux bancs de ronces qui nous retardent largement en ce début de saison...
Ensuite, sans maquis, c'est plus facile : traversée du ravin, remontée des éboulis de la RD, passage de la crête sur la G pour arriver sous les deux aiguilles (un surplomb de l'une abrite un refuge de bergers ou d'ouvriers), puis, en montant vers la gauche, aborder vers 11 h 45 la forêt de chênes-verts du couloir suivant, beaucoup plus large, menant à Bocca d'u Cunduttori (orthographe imprécise).

Le Poliscellu et ses aiguilles en fin de matinée Le 1er ravin "érodé" du Giru di Ferriate

Les deux aiguilles avec les abris de bergers

Bocca d'u Cunduttori : arrivée au déjeunerLa remontée du couloir est longue, raide, mais facilitée par l'utilisation des restes de sentiers ancestraux dans la pente. Bien qu'à l'ombre de la couverture végétale du ravin, nous souffrons pas mal de la température caniculaire à cette altitude et la transpiration est intense. Vers l'arrivée au col, les chênes-verts font place à des buissons (genévriers ?) très désagréables puisque ayant la mauvaise idée de se débarrasser de leurs graines sur nous dès qu'on les fait bouger... Alors, avec la sueur, ... ! Ces buissons deviennent de plus en plus épais et impénétrables à l'arrivée au col où il faut d'abord ruser en passant le long des rochers en RD, puis trouver opportunément une trouée creusée par nos prédécesseurs. Arrivée au col à 13 h 05 et déjeuner jusque vers 13 h 50, face à la crête de Paliri et au-dessus du "ravin érodé" de ce versant S.

Montée à Bocca d'u Cunduttori : maquis sous le col Bocca d'u Cunduttori : déjeuner devant le chaînon de Paliri

La fissure-écaille horizontaleEt c'est reparti à 13 h 50 : descente du "ravin érodé" sur 100 m, remontée de la dalle-dièdre rocheuse en RD (inclinaison 45/50°), franchissement de la fameuse fissure-écaille horizontale vertigineuse juste sous l'arête S de la Punta di Ferriate et arrivée sur l'arête. Détail amusant : regardez les photos de la fissure et vous remarquerez que François, Caro et Victor n'ont pas "hésité" à traverser les trois buissons de maquis pour échapper au détour vertigineux sur la dalle !

La fissure-écaille horizontale : vers l'arrivée (tout le monde passe par le maquis) La fissure-écaille horizontale : vers l'arrivée (tout le monde passe par le maquis)

Depuis la fissure-écaille horizontale : vue vertigineuse du 2ème ravin érodé

Depuis la fissure-écaille horizontale : Bocca d'u Cunduttori Depuis la fissure-écaille horizontale : une aiguille des Ferriate

En descendant la piste DFCI : Orgui di San PetruDe l'arête de Punta di Ferriate à 14 h 10, on redescend un raide couloir-cheminé instable vers le versant de Bocca di Piana où les choses se compliquent ! Normalement, on remonte le couloir de Bocca Piana, mais maintenant il est tellement encombré de végétation que je n'arrive pas à passer : je me vois obligé de revenir en arrière et de suivre le conseil de Victor d'aller vers des cairns sur la crête rocheuse en RG permettant d'éviter au mieux le maquis !
A Bocca Piana, cela ne s'arrange pas, avec de multiples reptations natatoires dans les touffes abondantes qui garnissent la crête allant vers la pointe 1029. Comme en 1996, plutôt que d'emprunter le couloir à droite de cette pointe, je reste en versant E (à gauche) en commençant la redescente en direction de Bocca Finosella. Mais, là, cela devient le sommet car il y a tellement de maquis que l'on a du mal à discerner la direction où l'on doit aller et je cherche en vain la brèche par où j'étais passé en 1996... En descendant la piste DFCI : Tafunata di PaliriDu coup, je les essaye toutes, car le maquis est tellement pénible que plus on pourra en sortir vite et mieux on se portera. Je fais seul une tentative à la première brèche rocheuse trouvée après la pointe 1029 m : en laissant Caro, Victor et François en-dessous, je monte tant bien que mal à ce col en utilisant au maximum l'escalade rocheuse pour éviter les fourrés de maquis. La brèche est excellente et presque sans maquis, mais la descente de l'autre côté n'est pas faisable sans escalade... Retour donc, et poursuite de la descente tous ensemble : juste le temps de voir des (un ?) grimpeurs dans le contrefort S de la Punta di Ferriate (sans doute l'une des deux voies TD- du coin, U Cumpanieru ou Altra Manera) en se disant qu'ils auront le même problème que nous à la descente. Je suis obligé de trouver une côte rocheuse pour m'élever un peu au-dessus du maquis et repérer la brèche suivante à la hauteur de laquelle nous sommes presque. Une courte traversée ascendante à l'aveugle nous y emmène vers 15 h 30. A la brèche, on a du mal à juger de la suite, mais la descente, entamée dès que nous sommes regroupés, nous permet de constater rapidement qu'elle est assez facile, retrouve plus bas le versant W de Finosella beaucoup moins maquisé que son homologue E et permet de commencer la traversée en ligne de niveau vers le sentier descendant de Bocca Finosella (avec quelques cairns-guides).
Il nous faudra encore une petite séance de maquis, en final, juste avant de nous retrouver sur le sentier... Il est 16 h 20 : Ouf ! La suite est simple, avec le retour sur la piste DFCI qui nous ramène au San Petru, où nous faisons une petite toilette, puis au parking vers 17 h 30.
Bilan : un périple accompli en environ 6 h (en déduisant les pauses déjeuner et toilette), avec des obstacles de maquis considérablement plus compliqués qu'en 1996 !

Passage de la 2ème brèche avec vue sur le versant Bavella Arrivée au radier du San Petru : nettoyage dans les vasques pour le groupe

Le Poliscellu et ses aiguilles le soir

- Conclusions

Cette deuxième semaine a été une autre manière d'aborder la montagne corse en groupe : une expérience de randonnées à la journée, avec un groupe de 5 personnes dispersées sur deux lieux de villégiature bien différents et obligation de rendez-vous au départ des courses le matin ! Cela a bien marché, puisqu'il n'y a pas eu de fausse note côté organisation et que, sur Bavella, cette optique de parcours à la journée (ou avec un bivouac) me semble bien plus pratique que la formule trek qui obligerait de toute manière à des bivouacs quasiment tous les soirs...

Les seuls inconvénients étaient liés au départ tardif des courses le matin (vers 10 h) : pas gênant avec les itinéraires relativement courts de cette semaine, mais il aurait fallu un rendez-vous beaucoup plus tôt (8 h ?) pour des parcours de grands ravins comme le Poliscellu. J'avais envisagé de le faire en fin de semaine, au lieu du Giru di Ferriate, mais ce n'était pas évident de s'embarquer dans cette grande bavante sans savoir si tout le monde appréciait l'ambiance mixte escalade - maquis, associée à l'eau comme dans le Poliscellu. Le Giru di Ferriate est un Poliscellu en réduction, avec l'eau en moins...

Evidemment, la météo idéale qui nous a accompagnés toute cette semaine (comme la semaine précédente d'ailleurs) n'a pas été pour rien dans la réussite de ces Web-randos. Pour Caro, Victor et François, j'espère que la découverte des ambiances particulières de la rando aquatique, que l'on n'a pas à ce point dans le Filosorma, et des jeux d'équilibre aux limites de l'escalade, qui sont le lot de la plupart des parcours sauvages de Bavella, les a ravis et leur donnera l'envie d'y regoûter !